6 novembre 2009
Déjeuner avec un ami la semaine dernière. Il dirige une petite boîte de com’. Nous devisons sur la façon dont nous naviguons en cette période de crise. Je lui fais l’article sur les vertus de l’indépendance malgré la dose incontournable de précarité, blablabla… Il m’écoute attentivement et me lance “Au fond tu préfères avoir 12 clients qu’un chef, c’est ça?” Cette définition du pigiste en vaut bien une autre, me semble-t-il.
ED
25 octobre 2009
Pigiste français si tu lis ce post, saches que tu es un sacré veinard! Ce n’est pas moi qui l’affirme mais tes confrères européens – unanimes – réunis lors du débat “Etre Pigiste en Europe” qui s’est tenu le 7 octobre dernier à Strasbourg lors des 3 èmes Assises Internationales du Journalisme et de l’Information.
Rappelons que la Loi Cressard (1974) fait du pigiste français un salarié à part entière, avec – en principe – l’ensemble des droits qui en découlent (13ème mois, congés payés,….). Rien de tel chez nos confrères européens, considérés par leurs “commanditaires” comme de vulgaires free-lance (littéralement “franc-tireur”). Poursuivre la lecture
8 octobre 2009
Incroyable mais vrai ! Les défenseurs du tout gratuit de l’information sur le web seraient-ils entrain de faire volte-face ? Libération qui lance des formules d’abonnement pour une partie de ses contenus, Bakchich qui vient grossir son lectorat dans les kiosques et, comble du comble, cette déclaration dans El Pais (relayée par le Courrier International) de Ruppert Murdoch : “une industrie qui donne son produit cannibalise sa capacité à faire du bon journalisme“, tout porte à croire que le changement s’amorce… Allelujah !
Finis les piges à négocier à partir de 20 euros le feuillet, les paiements abusifs en droits d’auteur, les retards de paiement, etc… Mouep, ne rêvons pas éveillés, mais pour une fois la nouvelle que certains annonçaient depuis un moment (cf. Frédéric Filloux) donne le sourire.
Allez une petite dernière avant le week-end, Serge Halimi : “Les internautes contribuent à l’influence du journal, pas à son existence.” et un lien vers du contenu… gratuit Le Monde Diplomatique. Mais c’est promis, c’est la dernière fois.
Julien
24 juillet 2009
Durant l’été, le pigiste que je suis se retrouve fort dépourvu de travail. En attendant de migrer sous d’autres cieux pour vérifier que les Alpes sont toujours au même endroit, j’en profite pour approfondir des projets perso (ça veut dire, en langage pigiste, explorer le bénévolat), pour préparer la rentrée (tenter de contacter les rares chefs de services ou rédac chef encore à Paris) ou, plus simplement, butiner sur Internet (faire passer le temps). C’est exerçant à cette dernière activité que je découvre le site Ouvertures, auto proclamé “Le portail de l’honnête homme du XXIe siècle”. Une découverte. Et, ce 23 juillet, un article attire mon attention : “Quand la pub mouche la presse”. Et là, je me dis que j’ai bien fait de cliquer… Poursuivre la lecture
3 juillet 2009

Même si le mois de juillet ne s’annonce pas particulièrement faste en piges, j’ai quand même acheté ma carte orange, pardon rechargé mon Pass Navigo, pour le mois de juillet car j’ai quelques projets d’enquêtes et de reportages qui nécessitent des déplacements à Paris et en banlieue. Et là, non pas surprise, mais retour à la dure réalité : l’augmentation est bien là, de plus d’un euros sur le mois… Et c’est comme ça chaque année.
Le problème, c’est pas l’augmentation, c’est surtout que les tarifs de mes piges, de leur côté, n’ont pas augmenté du tout depuis au moins quatre ans. Faudra-t-il un jour que j’aille à pied à travers le Grand Paris faire mes interviews pour que mon budget transport ne bouffe pas définitivement mes revenus ?
Bonne vacances…
Manuel
17 juin 2009
“Pigiste, un journaliste à part entière” : c’est le titre du numéro de juin de Témoins, la revue trimestrielle du SNJ-CGT, qui a la bonne idée de se pencher sur ceux qui composent environ 20% de la profession.
Rappels des termes de la loi et de la convention collective, petit éventail des différents types de contrats utilisés (souvent avec abus) par les éditeurs, revue de détail de l’accord “qui fait des pigistes des sous-journalistes” : le dossier est complet et vaut une lecture attentive.
Très intéressant, un article est entièrement consacré à une étude du cabinet Oasys, effectuée entre janvier et septembre 2007, à la demande de Médiafor sur le recrutement des journalistes. Poursuivre la lecture
17 juin 2009
Voici en effet l’ébauche d’un débat fondamental sur notre profession. Un débat incompris par la plupart des journalistes qui n’ont découvert l’aspect numérique de leur profession qu’après l’éclatement de la bulle (pour rappel, il y a déjà 9 ans, à la fin de l’année 2000). L’histoire de l’information numérique fait partie intégrante de l’histoire des médias. Internet a bouleversé le modèle de nombre d’entre eux, leur ouvrant l’espoir de spéculations très lucratives, intégrant une bonne fois pour toute le marketing comme élément moteur de la ligne éditoriale, faisant passer le lecteur au second plan, etc. Bref, tout ce qu’un média ne devrait pas être…
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12 juin 2009
L’article du Monde intitulé “Les forçats de l’info” a fait grand bruit, du moins au sein de la profession. Les réactions ont été parfois violentes, comme celle du rédacteur en chef du site de l’Express, d’autres plus nuancées quoique très critiques (Rue89 par exemple). Mais l’auteur, Xavier Ternisien, aura eu au moins un mérite : appuyer là où ça fait mal.
Je ne peux m’empêcher de penser que la bronca microcosmique déclenchée au sein des rédactions concernées (ou non) cache finalement un malaise plus général que l’article du Monde effleure, bien que maladroitement et peut-être de façon partiale et parcellaire. Je m’explique : lorsque l’auteur pointe le manque de de vérification de l’info, les bas salaires ou les mauvaises conditions de travail, à mon sens il ne parle pas seulement des journalistes du Web, mais il évoque en creux la profession tout entière. Manque de moyens, pressions accrues pour “produire” de l’information, quasi absence de formation : ces sujets ne sont pas l’apanage des jeunes journalistes multimédias payés au raz de la la convention collective. Ils sont aussi le quotidien de plus en plus de journalistes payés à la pige et, même, des rédacteurs qui travaillent au sein des rédactions papiers. “Les forçats de l’info” n’est pas un article sur le journalisme web. C’est bel et bien une (pré)enquête sur une profession tout entière, en mutation et en complet désarroi.
Manuel
19 mai 2009
Mardi 12 mai, les Incorrigibles recevaient Marine Rambach pour un débat autour de la sortie de son livre “Les nouveaux intellos précaires”. L’occasion de revenir sur un sujet qui a trouvé un certain consensus : la création d’une charte du pigiste.
Moult fois évoquée mais rarement adoptée à un échelon plus général, ce type de charte existe dans d’autres corps de métier (la charte des auteurs et des illustrateurs de jeunesse). En voici quelques pistes proposées par Anne et Marine Rambach dans leur ouvrage :
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