Profession journaliste: d’Ugly Betty aux Incos, fiction versus réalité

De la fiction décrite dans les séries pour ados à la réalité du métier de journaliste, il y a un monde qu’une collégienne découvre aux Incos.

Dans « Ugly Betty » ou « le destin de Lisa », les journalistes, submergés de travail, courent un peu partout dans leur tailleur Vera Wang et leur costume de haute couture. Ces divertissantes séries américaine et allemande font rêver de locaux « design », de grands bureaux et de building new-yorkais avec tapis rouge au rez-de-chaussée. Elles laissent croire que la presse est essentiellement basée sur la mode, les défilés, les people !

Aux Incorrigibles, association de journalistes pigistes, on est bien loin de cette fiction ! Leur « QG » se situe rue Kleber à Montreuil, dans une ancienne usine constituée de plusieurs bâtiments.

Adieu building, bureaux en verres et canapés en cuir !
Si on s’imagine qu’on se retrouve à la cafétéria pour le déjeuner comme dans Ugly Betty, on s’est trompé de chemin ! Les Incorrigibles fonctionnent autrement. Leur espace de travail se compose de dix bureaux, de bibliothèques avec énormément de livres, des magazines un peu partout, quelques ordinateurs, un canapé, deux fauteuils, un mur égayé de citations des Incos, quelques plantes vertes et des photographies. C’est ici qu’ils créent.  Des fois, ils sont là, des fois non. Au total, le collectif réunit 21 professionnels de l’information, la plupart travaillant pour la presse écrite ; deux sont photojournalistes, deux sont rédacteurs en chef, une écrit notamment pour le web, deux exercent en radio, deux en vidéo. Être journaliste, c’est un grand mot qui recouvre une réalité diverse. Les incorrigibles eux, sont tous pigistes. Mais au fait, pigiste, qu’est-ce que c’est ? D’après le site « J comme jeune », « un pigiste est un journaliste qui travaille à la pige, c’est à dire qu’il est payé à l’article, au reportage, ou à la photo. Il n’est pas salarié d’un organisme de presse particulier, le pigiste est indépendant, il peut travailler sur différents types de support (télévision, radio, papier, web, etc.). Cependant, il doit à chaque fois qu’il écrit pour une rédaction différente s’approprier la façon de penser du journal en question pour rédiger dans l’esprit désiré, et ça en un minimum de temps. Pour la presse papier ou internet, le pigiste doit remettre des articles comportant un nombre précis de signes. Il doit aussi s’organiser de façon à ne pas manquer de travail, mais à ne pas être submergé non plus ».
La curiosité n’est pas qu’un vilain défaut
Concrètement, le pigiste se spécialise souvent dans un domaine particulier. Aux Incorrigibles, Marion Esquerré traite essentiellement de l’actualité sociale et du monde du travail, d’autres de culture, de tourisme, etc.

« La première qualité du journaliste, c’est la curiosité. Il faut aussi faire preuve d’humilité, de persévérance et chercher à comprendre ». Marion Esquerré

Eric Delon, spécialisé lui aussi dans le social et l’économie ajoute qu’il faut « aimer écrire » et « être enthousiaste ». Côté salaire, il est variable d’un mois à l’autre. Les pigistes sont payés au feuillet, sachant qu’un feuillet rapporte en moyenne 65 euros dans la presse parisienne, selon le site J comme jeune. Aux Incorrigibles, la moyenne avoisine les 2500 euros brut mensuel. Pour gagner correctement sa vie, il faut beaucoup d’énergie. Etant donné que le pigiste est un journaliste indépendant, il doit fréquemment se déplacer et est toujours en quête d’idée pour un prochain article. Il n’a pas d’horaires précis, il peut finir de travailler tôt, ou à des heures très tardives.

Et après le travail, la détente !

L’avantage de faire partie d’un collectif est de se sentir moins seul, de pouvoir faire part de ses sujets à ses collègues. Une aide précieuse lorsque l’un d’eux sèche pour écrire ou  qu’il est en panne d’idée. Pour Raphaël de Bengy, photographe reporter spécialisé dans les sujets de société, c’est « formidable de travailler dans un collectif, surtout dans les métiers où l’on est seul ». Pour Eric Delon, c’est « très agréable, ça permet d’être ensemble ». La présence au bureau s’avère importante, mais les membres du collectif ne répondent pas toujours présent. Lorsqu’ils sont à « l’usine », ils écrivent, téléphonent, en gros ils travaillent. Dans un collectif, il ne faut pas être habitué au silence. En l’occurrence, si votre confrère ne peut pas passer un coup de fil à côté de vous, il y a un problème. Il faut prendre sur soi et considérer que le bruit fait en quelque sorte partie « des risques du métier ». D’après leurs témoignages, les Incorrigibles semblent s’en accommoder.
Aux alentours de midi, une table se retrouve au milieu de la salle et les membres du collectif discutent chaleureusement autour de leurs déjeuners.

Ca parle de tout, de rien, mais surtout ça rit.

Des sujets d’actualité à la politique en passant par le choix de la moquette qu’ils vont installer, tout y passe ! La bonne ambiance règne, mais autour de cette table, les Incos peuvent aussi réfléchir à des sujets importants comme « qui veut quoi dans le collectif », s’informer des projets des uns et des autres, échanger des idées, évoquer l’intégration de futurs membres. Au final, la semaine passée avec les Incorrigibles a permis de découvrir l’envers du métier.
Crystel Le Roux

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