Moi, président de l’Ajis…

ImagePour la première fois en 46 ans d’existence, un pigiste, Manuel Jardinaud a été nommé président de l’Ajis (Association des journalistes de l’information sociale) lors de la dernière assemblée générale en janvier dernier. Manuel Jardinaud, notre Manu, ex-pilier des Incos, président de l’Ajis ! C’tte classe ! Tout un symbole ? Pas vraiment. Car la fonction faisant l’homme, Manu se veut le président de tous les Ajissiens, quel que soit leur statut. Normal, quoi.

L’Ajis réunit aujourd’hui plus de 300 journalistes (un quart de pigistes) spécialisés les uns sur le travail, les autres sur les ressources humaines, la protection sociale, les retraites… Désireuse de « favoriser le développement d’une information sociale de qualité », l’Ajis organise régulièrement des « grands rendez-vous » avec des acteurs clé (leaders syndicaux, ministres, spécialistes…), des voyages (Bureau international du travail, Brésil par exemple), des matinées de formation et des tables-rondes de décryptage sur des sujets techniques (Accord sur la sécurisation de l’emploi, compétitivité…). Une vitalité qui repose sur l’engagement de sa déléguée, une perle, et des 15 journalistes bénévoles (dont 5 pigistes), élus par leurs pairs au comité directeur. Interview 100% connivence, attablés autour d’une andouillette-bavette au Bistrot 33, une bonne adresse à Montreuil.

La nomination d’un pigiste à la présidence de l’Ajis reflète-t-elle une évolution de cette association ?

Oui et non. Oui, car le pourcentage de pigistes parmi les membres de l’Ajis augmente régulièrement. Plusieurs s’impliquent dans la vie de l’association en se présentant notamment à l’élection du comité directeur. Il est probable que les pigistes se reconnaissent un peu plus dans ces candidats et leur donnent leur voix. En parallèle, le déménagement des rédactions hors de Paris (le groupe Wolters-Kluwer à Rueil-Malmaison, ETAI à Antony), la charge de travail croissante font que les journalistes en poste ont plus de mal à s’investir dans la vie de l’association. Et non, parce que l’on vote avant tout pour un journaliste, une rédaction.

Quand même, c’est une première (d’une voix à la fois flatteuse et excitée) !!!

Pour ma part, les choses sont claires : j’ai été élu, avec le comité directeur, pour perpétuer la bonne marche de l’association, la développer. En tant que président, je ne me positionne pas comme pigiste, mais comme journaliste spécialisé dans l’information sociale.

L’association n’est pas une association de pigistes mais une association de journalistes spécialisés. On ne fait pas de différences entre les statuts. Nous ne voulons pas qu’il y ait deux catégories de journalistes au sein de l’Ajis.

En même temps, pourquoi ne pas faire de traitement particulier puisque journalistes en poste et pigistes sont dans les faits traités différemment au sein de leurs rédactions ?

Le traitement particulier, c’est un débat que l’on a régulièrement au comité directeur. Et de fait, si la cotisation est la même pour tous (60 euros), l’Ajis propose des tarifs spécifiques aux pigistes pour les grands rendez-vous et les voyages par exemple. Depuis deux ans, nous avons aussi mis en place une cotisation à tarif social pour les journalistes en difficultés économiques. Mais là encore, nous n’avons pas voulu faire de différence, tout le monde peut bénéficier de ce coup de pouce, sur simple déclaration sur l’honneur.

Vous (vouvoiement de rigueur, c’est pas comme si on avait déjà bu des coups ensemble), président de l’Ajis, quels sont vos projets ?

Nous allons continuer d’être réactif sur l’actualité en organisant des tables-rondes, des matinées de formation. Ce n’est pas toujours simple car ce travail repose sur du bénévolat.

L’autre chantier va être de mieux travailler avec les écoles de journalisme pour sensibiliser les étudiants au traitement de l’information sociale.

Une matière technique assez peu traitée dans les écoles, comparée par exemple à l’économie, la politique, le sport. Pour l’instant, le seul point d’entrée dans les écoles, c’est le prix Ajis qui s’adresse aux étudiants en journalisme (3500 euros en récompense du meilleur article écrit, audio, vidéo, photo ou multimédia) et les deux bourses Ajis (2000 euros à des étudiants boursiers en 1ère année d’école de journalisme).

Quel est l’avantage pour un pigiste de faire partie de l’Ajis? 

Je plaide beaucoup pour que des pigistes s’investissent dans ce type d’association car c’est un très bon outil pour eux, notamment pour les jeunes. C’est un lieu d’accès à l’information, à des formations, à un réseau pour la modique somme de 60 euros.

Sarah Delattre

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Classé dans La vie des Incorrigibles

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