Le Gorafi « Ici, ce sont les journalistes qui payent pour figurer dans le journal »

Présent sur le web avant même la naissance d’Internet (sic !), le gorafi.fr propose un regard sur l’information décalé et satirique qui nous a beaucoup fait rire aux Incorrigibles. Ces fondateurs nous confient les secrets de cette réussite, entre subjectivité de l’info, petits reportages et propos mal recueillis. Bref, une interview à prendre au second degré.

D’où vous vient cette envie d’approfondir l’actualité, de creuser l’information ?

Il nous apparaît comme évident, de manière générale et parfois globale (même si on peut émettre quelques doutes sur cet aspect mais là n’est pas la question), que en effet l’actualité n’est pas assez creusée. Nous apportons une nouvelle vision, plus approfondie. Nous allons au fond des choses qui créent et modèlent l’information. Nous contrôlons les verticales et les horizontales. L’information est aussi aujourd’hui très mal traitée par l’ensemble de la profession. Beaucoup de légèreté et d’imprécision. Nous apportons ce complément, ce plus, que nos lecteurs apprécient.
Comment faites-vous pour sortir autant de scoops ?

Nous avons des journalistes de terrain, des relais, des réseaux, des informateurs, des gens habitués à traquer les choses qui créent l’information. Car c’est ça tout le problème de l’information. Elle se crée, spontanément, sans prévenir, sans avertissement aucun. Vous faites quelque chose et soudain, l’information est là. Par chance, nous sommes prêts. Et puis comme toute rédaction qui se respecte, nous suivons les fils d’actualité, des grands réseaux d’information.

Vous devez avoir des sources très bien informées, certainement haut placées, ou des collaborateurs infiltrés dans de nombreux médias ?

Nous n’allons quand même pas vous révéler nos secrets de fabrications (rires). Nous avons beaucoup lutté pour en arriver où nous sommes (un des membres de l’équipe se lève) Vous comprenez si nous vous racontons tout, les autres voudront nous imiter (il prend une feuille et écrit) Ce secret de fabrication fait partie intégrante du Gorafi et de sa pérennité (il tend la feuille, il y est écrit « je ne peux pas vous répondre, ‘il’ nous écoute en ce moment »). Bien passons à une autre question, quelqu’un veut du café ?

Vous menez à bien de grosses enquêtes (cf le pirate somalien, l’exil fiscal ou Lustucru) alors que la presse en fait de moins en moins. Comment faites-vous dans ce contexte de crise ?
Comme expliqué dans plusieurs autres interviews, le Gorafi fonctionne sur un système de presse unique en Europe et dans le monde. Ici ce sont les journalistes qui payent pour figurer dans le journal et pour apparaître en une. Cette équation économique, cela permet au Gorafi d’être leader sur le marché et d’avoir les caisses prêtes pour affronter la crise : nous sommes les plus bénéficiaires sur l’année, loin devant plusieurs autres grands groupes de presse. Peut-être qu’il est temps pour la presse de commencer à réfléchir à des changements en profondeur.

Pourquoi avoir choisi le web et non pas directement la presse papier, grand public et moteur de revenu économique considérable ?
Le net est quand même un des plus grands avantages de notre époque. Il y a 20 ou 30 ans la chose aurait été plus compliquée mais nos lointains cousins de The Onion ont débuté ainsi. Une simple feuille de choux, pour arriver en fait sur le net qu’en 96. Nous, nous commençons par le net, car d’un clic pour toucher beaucoup plus de monde qu’il y a trente ans. Sans parler des réseaux sociaux qui vous permettent de parler à quelqu’un à Strasbourg en quasi simultané. Quelque chose d’incroyable il y a encore 5 ans par exemple. Après le modèle économique peut évoluer, il y a toujours matière à évoluer, mais il faut aller par palier. La pire des choses serait de se précipiter et de brûler les étapes pour une version papier. Rétrospectivement le Gorafi News Network n’a qu’un an. Un an ! Et nous donnons presque dix interviews par semaine. On peut se poser des questions sur une telle vitesse de croissance et de propagation de l’information, mais surtout se laisser griser par cela. Le seul perdant dans cette histoire serait alors le site et ensuite nos lecteurs.

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