Notre Tour de France de la pige – Etape 2 : Nice

La situation des pigistes est-elle la même partout en France ? L’herbe est-elle plus verte au Nord, au Sud, à l’Est, à l’Ouest ou dans la capitale ? Pour apporter quelques éléments de réponses, nous poursuivons notre Tour de France de la pige. Après une première étape à Nantes, nous partons à Nice pour rencontrer Cécile Pinaud, qui a toujours travaillé à la pige à côté d’un emploi de journaliste en CDI et se voit aujourd’hui contrainte de revoir complètement sa copie, suite à un licenciement. 

Etape n°2 : Nice
Pigiste : Cécile Pinaud , 34 ans, 12 années de piges

Formation Originaire des Antilles, elle arrive à Nice pour ses études secondaires en 1995. Titulaire d’une maîtrise d’Info-Com, Cécile Pinaud se spécialise dans la pige culture en général et plus particulièrement ciné et séries TV. Elle pige depuis 2001. Elle a continué à travailler comme journaliste pigiste après son embauche à temps partiel dans une petite structure en 2003, où elle a occupé un poste de SR (secrétaire de rédaction) puis de rédactrice en chef. Elle vient d’être licenciée suite à une liquidation judiciaire du magazine.
Employeurs. Séries TV, Séries Mania, Génération Séries, La Semaine des Spectacles, France Bleu Azur
Salaire. 1700 euros net mensuel en moyenne, dont environ 500 euros net mensuel en moyenne à la pige (revenus répartis de manière très irrégulière) lorsqu’elle cumulait son CDI à temps partiel. Aujourd’hui, elle est en CSP (contrat de sécurisation professionnelle) suite à son licenciement.

La pige, un choix?
Pas vraiment. Au départ, ce fut pour moi une alternative, un moyen de percer alors que je ne trouvais pas de poste de journaliste en sortant de la fac. Et puis, j’ai fini par adorer ça parce que non seulement, j’écrivais sur un sujet qui me passionnait mais j’avais aussi de la latitude. Si bien que quand j’ai trouvé un CDI de secrétaire de rédaction, j’ai évidemment signé mais j’ai aussi continué en parallèle mes activités de pigistes. Les sources se sont taries mais je n’ai jamais cessé de postuler pour des piges à droite à gauche.

La pige, un engagement ?
Jusqu’ici, ça n’a jamais été le cas, puisque j’étais journaliste pigiste à côté d’un CDI, mais je suis dans une phase de changement après une liquidation judiciaire du magazine dans lequel je travaillais depuis neuf ans. Je suis en CSP (contrat de sécurisation professionnelle) qui permet d’avoir 80% de mon salaire pendant un an  et de faire des formations. J’explore donc les options qui s’offrent à moi, en me formant notamment à plusieurs logiciels de mise en page pour étendre mes capacités. Alors qui sait, peut-être que dans un an, je serai une pigiste épanouie !

La pige et ses avantages.
La relative liberté qu’elle offre. Je dis relative parce que la pige est trompeuse. Elle ne nous laisse pas autant de liberté que ça. Il y a les délais, l’innovation… Il faut faire attention à ne pas se laisser dépasser et croire que parce que c’est une pige, ça va être plus simple. C’est tout le contraire. Il faut continuellement se réinventer. Etre pigiste c’est aussi la garantie de ne pas s’ennuyer, il n’y a pas de monotonie à l’inverse d’un poste dans une rédaction.

La pige et ses contraintes.
A moins de travailler avec un nombre conséquent de rédactions, vivre convenablement en étant pigiste est compliqué. En tout cas, je n’y suis jamais arrivée. Même si les paiements sont conséquents, ils tombent de façon aléatoire. Ce n’est pas le cas du loyer !

La pige, quel avenir ?
Je ne fais pas partie des alarmistes en la matière. Je pense qu’elle va perdurer quel que soit le support parce qu’on aura toujours besoin d’électrons libres pour écrire. Maintenant, il ne faut pas se leurrer, c’est de plus en plus compliqué d’en décrocher, n’importe qui peut se dire pigiste, le marché est saturé. Finalement, oui, peut-être que je suis quand même un tantinet alarmiste…

Propos recueillis par Isabelle Maradan

POUR EN SAVOIR PLUS…

> En février 2012 : l’association des journalistes de Toulouse et Midi-Pyrénées publiait les résultats de son enquête dédiée aux conditions de rémunération des pigistes de la région.

> En mai 2012 : Lyon Piges dresse un portrait-robot du journaliste pigiste de la région Rhône-Alpes.

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