Portrait-robot du journaliste pigiste en Rhône-Alpes

Un profil des pigistes de la région Rhône-Alpes a pu être dressé grâce à un questionnaire en ligne proposé en mars dernier par le réseau Lyon Pige, en partenariat avec les clubs de la presse de la région. Rien de très enthousiasmant sur le soleil du Sud-Est.

Les plus représentés sont les 31-40 ans. Une large majorité d’entre eux ne sort pas d’une école de journalisme reconnue. Ils collaborent principalement avec la presse écrite, suivie de la presse en ligne, mais ils sont nombreux à ne pas travailler uniquement pour des entreprises de presse. Quatre journalistes pigistes sur cinq exercent également dans le domaine de la communication ou comme auteurs et formateurs. Les journalistes interrogés cumulent généralement les employeurs (entre trois et six pour 50% d’entre eux). Mais leurs revenus proviennent à 80 % de la presse pour la moitié d’entre-eux.

« Travailler plus pour gagner de moins en moins »

Malgré cette diversité d’activités, la situation financière de près de 60% des journalistes pigistes ayant répondu à ce questionnaire s’est dégradée au cours des cinq dernières années. Plusieurs de leurs commentaires en témoignent. « Ce n’est pas le Pérou avec un tarif à 50 euros le feuillet qui n’a jamais été revalorisé », estime l’un d’eux. La nécessité de travailler plus pour gagner de moins en moins semble faire l’objet d’un constat largement partagé. « Il faut travailler 70 heures pour arriver à peine à 1400 euros », assure un autre.

63% des journalistes interrogés ont gagné moins de 1500 euros en moyenne lors de l’année écoulée. Seul un pigiste sur cinq empoche un revenu mensuel moyen situé entre 1500 et 2000 euros. Et ils ne sont que 16% à dépasser les 2000 euros. 

Plus de piges et moins de postes ?

Une dégradation dont les journalistes pigistes de Rhône-Alpes décrivent le mécanisme. « A chaque fois qu’une collaboration s’arrête pour des raisons économiques (faillite, restructuration, rachat…), il faut en accepter une nouvelle moins bien payée », note un journaliste. Un autre pigiste n’hésite pas à dire que « plutôt que de créer un poste de journaliste à mi-temps ou temps plein en contrat horaire classique, on préfère de loin rémunérer à la pige ».

Et comme pour illustrer cette tendance avancée par son confère, un autre journaliste pigiste témoigne qu’il a été remplacé au sein d’une entreprise de presse pour laquelle il effectuait pourtant plusieurs piges par mois depuis quatre ans. «Cette régularité dans notre collaboration m’avait fait passé tacitement en CDI», explique-t-il, avant de reconnaître qu’il n’a pas entrepris de poursuite à leur encontre « n’en ayant pas les moyens financiers ».

Une spécificité de la région Rhône-Alpes ?

Isabelle Maradan

> Consultez l’enquête

2 Commentaires

Classé dans La vie de la presse

2 réponses à “Portrait-robot du journaliste pigiste en Rhône-Alpes

  1. Pingback: Notre Tour de France de la pige – Etape 2 : Nice | Les infos des Incorrigibles

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