Une revue indépendante pour les collectifs de photographes

 

Pour la troisième année, Zmâla l’œil curieux publie sa revue indépendante consacrée aux travaux de collectifs de photographes qui s’efforcent de porter un regard décalé sur le monde et l’actualité. Une famille cosmopolite, fragile aussi et qui, cette année, fait honneur à 26 de ses membres, parmi lesquels la moitié sont étrangers.

Le collectif américain Facing change : documenting America photographie les laissés pour compte du rêve américain, des chômeurs, des expropriés, des SDF atteints du VIH… Johann Rousselot, de Signatures suit des jeunes tunisiens fondus des réseaux sociaux qui ont fait la révolution de jasmin. Retravaillées à la peinture, les photos de Stéphane Moiroux, d’Hans Lucas nous transportent dans l’univers onirique des chamans d’Amazonie. Les héliotropes de Laurent Villeret, de Dolce vita renouent avec le charme désuet du Polaroïd. Karim ben Khelifa, ancien membre de l’Oeil public, cofondateur d’Emphas.is, revient sur la philosophie de ce site de financement participatif consacré au photojournalisme… Le tout donne un bel objet non identifié de près de 180 pages en papier glacé, où s’entremêlent réalisme et poésie. « Nous souhaitons ouvrir nos pages à des écritures différentes, raconte Eric Karsenty, du comité éditorial. Il n’y a pas que du photojournalisme, il y a aussi des modes d’expression plus artistiques. L’idée, c’est de montrer qu’il y a différentes manières de raconter le monde ». Né au festival Visa pour l’image à Perpignan, Zmâla revendique un rôle de passeur, cherchant à donner une meilleure visibilité aux collectifs, des plus connus à ceux qui le sont moins. Qu’on ne s’y trompe pas : le message n’est pas seulement artistique, c’est aussi un acte de résistance. Car à l’heure où plusieurs collectifs fêtent leur anniversaire – le Bar Floréal, 25 ans ; Tendance Floue, 20 ans ; Documentography et Argos,10 ans…-, leur modèle reste menacé par la situation économique. « Nous mettons l’accent sur ce que permet de faire un collectif, sur ce que l’on ne peut pas faire seul. Se rassembler en collectif, c’est une manière de résister à la crise économique, aux difficultés de se faire payer. Zmâla, c’est en quelque sorte une grande famille qui a vocation à affirmer un point (ou poing, c’est selon) de vue alternatif. C’est pour ça qu’on s’agite ».

Sarah Delattre

Mercredi 14 septembre à partir de 18h30, à la librairie Le Monte en l’Air – 71 rue de Ménilmontant, 75020 Paris, soirée projection-apéritif pour saluer la sortie en librairie du numéro 3. Prix de vente : 19 euros

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1 commentaire

Classé dans La vie de la presse

Une réponse à “Une revue indépendante pour les collectifs de photographes

  1. Aurore

    Une réflexion sur les collectifs qui parle un peu aux Incorrigibles, forcément…😉 et surtout une très belle revue !!

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