Les pigistes se lèvent à l’Est

Aurélie Vion, Présidente du collectif C'est l'Est

Né en avril dernier, C’est l’Est (céleste!) est un nouveau collectif de pigistes basé, comme son patronyme l’indique, dans l’Est de la France. Présentation par Aurélie Vion, sa présidente.

Notre collectif est officiellement né en avril dernier. Cela faisait déjà plus de deux ans que nous nous retrouvions, plus ou moins régulièrement, entre pigistes à Nancy ou à Metz. A la base, Elise, Philippe et moi, nous nous connaissions depuis l’école de journalisme de Strasbourg, nous étions dans la même promo. Nous nous sommes retrouvés un peu par hasard dans la même région à exercer en tant que pigiste. De fil en aiguille, nous en avons rencontré d’autres et nous avons formé un petit noyau qui animait ces apéros pigistes. L’ambition de ces derniers, au départ, était modeste : sortir de notre isolement, échanger sur les spécificités de l’exercice de notre profession, s’entraider, se remonter le moral… Bref, vivre des moments tels que l’on peut en vivre dans des « rédactions traditionnelles ». A notre connaissance,  il n’existait pas, jusqu’à présente de collectif ou de réseau similaire destiné aux journalistes pigistes. D’ailleurs, nous sommes l’une des régions françaises qui en compte le moins.

Quels sont les projets, les objectifs qui vous animent?

Nous voulons tout d’abord nous faire connaître, d’où la création de notre site internet. Nous voulons aussi défendre et mieux faire connaître ce qu’est un pigiste (= un salarié), notamment auprès des jeunes qui entrent dans la profession et qui se font parfois « avoir » par des employeurs peu scrupuleux qui ne respectent pas le Code du travail (statut d’auto-entrepreneur, droits d’auteur…) ou proposent des tarifs au « ras des pâquerettes ». Nous aimerions surtout développer des projets communs pour travailler ensemble sur certains gros dossiers. Pour faire évoluer nos « apéros pigistes », nous allons essayer d’en organiser plus régulièrement et de choisir à chaque fois des thématiques.

Vos profils sont-ils proches et/ou complémentaires? 

Hormis Giovanni, le seul photographe de notre collectif, nous sommes tous des journalistes de presse écrite. Nous aimerions d’ailleurs attirer des journalistes pigistes de radio, TV ou web au sein de notre association. Mais au-delà de ce point commun, nous avons tous des profils différents : Elise collabore pour un titre de presse quotidienne nationale, Philippe, Simon ou moi pour de la presse magazine spécialisée ou professionnelle, Laetitia réalise des interviews et écrit en anglais… Nous nous sommes aussi spécialisés dans des domaines différents, de la santé à l’environnement en passant par la religion.

Etre pigiste en 2011 : liberté, extase ou galère?

Pour ma part -je ne suis pigiste que depuis 2008-, je dirai que le plus dur est de trouver son « rythme de croisière » : avoir suffisamment d’employeurs pour ne pas avoir de trop gros « trous » entre les commandes ou de trop gros stress si tout se cumule au même moment. Mais aussi avoir suffisamment d’employeurs pour pouvoir dire non à des propositions de travail au tarif vraiment trop bas. Car c’est là où se situe, je pense, la principale difficulté : le maintien voire l’augmentation (on peut rêver!) de son salaire. Parce qu’ils savent qu’ils trouveront toujours quelqu’un (un jeune qui veut acquérir de l’expérience, un pigiste qui a envie de « se faire plaisir » en signant un papier pour tel ou tel titre, etc.), certains employeurs en profitent et proposent des tarifs ridicules. Et c’est contre cela qu’il faut lutter. C’est aussi une question de respect de son propre travail et de la valeur que l’on lui donne. Malgré ce que je viens de dire, je me considère comme une pigiste plutôt heureuse : en trois ans, mes revenus vont crescendo, j’aime collaborer à des titres au contenu éditorial très différent, je ne m’ennuie vraiment pas. Les difficultés du pigiste sont, selon moi, beaucoup du côté du moral : le fait d’être seul dans son coin, derrière son ordinateur, n’est jamais très bon. Grâce à Internet, on peut travailler facilement à distance avec des rédactions parisiennes, on y trouve aussi beaucoup d’infos sur la pige, mais rien ne remplace le contact et les relations humaines. C’est pour cela que nous avons créé notre collectif.

Propos recueillis par Eric Delon

1 commentaire

Classé dans La vie de la presse

Une réponse à “Les pigistes se lèvent à l’Est

  1. Un très bon projet avec de belles idées !

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