Renaud Dély : « L’idée selon laquelle la hiérarchie de Libération ne voulait pas de Demorand est farfelue »

Renaud Dely

Sollicité un temps par l’actionnaire de Libération pour succéder à Laurent Joffrin, Renaud Dély explique pourquoi il n’y a jamais eu deux candidats en compétition. Le directeur-adjoint de la rédaction de France-Inter récuse la rumeur selon laquelle il a été le candidat des anciens de Libération opposé à Nicolas Demorand, qui serait le candidat des jeunes.

Votre nom a circulé comme étant dans la short list des candidats à la succession de Laurent Joffrin, PDG et directeur de la rédaction de Libération. Jusqu’où avez-vous porté votre candidature à ce poste ?

J’ai été sollicité courant décembre par beaucoup de gens de Libération et par l’actionnaire pour savoir si la succession de Laurent Joffrin pouvait m’intéresser. Quelques semaines plus tard, l’actionnaire, Edouard de Rothschild, a contacté Nicolas Demorand pour des raisons qui lui appartiennent et qui sont, bien sur, légitimes. L’histoire s’arrête là pour moi. Mon projet est mort-né puisqu’il n’a pas été retenu. C’est la procédure normale. L’actionnaire choisit un candidat et un projet. Ensuite, ils sont soumis au vote des salariés.

Qu’est-ce qui vous motivait pour revenir à Libération ?  Souhaitiez-vous quitter France Inter ?

Pas du tout. Je suis très heureux à France-Inter. C’est une rédaction formidable, une chaîne excellente. Après un printemps tumultueux, où certains pronostiquaient le pire pour cette radio, la grille fonctionne aujourd’hui très bien, l’ambiance est excellente, l’audience ne cesse de progresser et Patrick Cohen orchestre à merveille une excellente matinale. Si j’ai été tenté, c’est simplement parce que Libération n’est pas une rédaction comme les autres pour moi. C’est ma famille. L’endroit où j’ai appris mon métier de journaliste et où j’ai grandi. J’y ai travaillé de 1993 à 2007. Et avant de partir, j’étais le bras droit de Laurent Joffrin.

On vous a parfois présenté comme le candidat de la rédaction et des « anciens », contre Nicolas Demorand, candidat de l’actionnaire. Qu’en pensez-vous ?

Il n’y avait qu’un candidat, le candidat de l’actionnaire. Il n’y a jamais eu deux candidats en compétition. Certains ont même écrit que j’étais le candidat des vieux et des chefs contre les jeunes qui préféraient Demorand. Je trouve cette analyse assez malveillante pour moi, ce qui n’est pas très important, mais surtout pour le journal. Il n’y a pas de division interne au sein de Libération et il ne doit pas y en avoir. L’idée selon laquelle la hiérarchie ne voulait pas de Demorand mais voulait Dély est farfelue. Par-delà les compétitions d’ego et les noms de ses dirigeants, ce qui fait la richesse de « Libé », c’est le talent de sa rédaction, une rédaction unie et homogène tournée vers l’avenir et la réussite du journal.

Comprenez-vous que l’actionnaire ait préféré Nicolas Demorand ?

L’actionnaire a fait son choix. Il est, par définition, légitime et incontestable. J’étais un candidat possible, peut-être même crédible. J’ai peut-être plus d’expérience de management d’équipe que Nicolas Demorand, mais Nicolas est un garçon très intelligent qui apprendra très vite son nouveau boulot. Et il a bien des qualités supérieures aux miennes et une notoriété plus importante. Je suis persuadé qu’il réussira à la tête d’un journal qui a vocation à dépasser la barre des 150 000 exemplaires avec le contexte porteur de la campagne présidentielle. Je souhaite de tout cœur le succès de Libé.

Et si Edouard de Rothschild vous recontactait dans six mois…

Je suis très heureux à France Inter. Et la question ne se pose pas puisque Nicolas Demorand a dit qu’il était là pour longtemps, ce dont je ne doute pas. Quant à moi, je resterai toujours, à l’avenir, le premier supporter de la réussite de Libé, que ce soit comme simple lecteur ou en jouant un tout autre rôle.

Propos recueillis par Isabelle Maradan

@leducentete

09.02.11

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2 Commentaires

Classé dans La vie de la presse

2 réponses à “Renaud Dély : « L’idée selon laquelle la hiérarchie de Libération ne voulait pas de Demorand est farfelue »

  1. Ophélie

    Un peu langue de bois tout ça…

  2. Salamandre


    Il y a vraiment une si mauvaise ambiance à France-Inter ? On dirait du Laurent Boyer parlant de M6, juste avant de la quitter…

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