Wrote Movie avec « mon jeune »

CouvmetiersaudiovisuelIl est entre mes mains. Un parallélépipède rectangle d’un centimètre d’épaisseur. Rien de plus, rien de moins.

 

Flash-back. Quelle histoire ! Quelle histoire ? La feuille blanche et la nuit de la même couleur. Déboussolée. Un bon mois à chercher le Nord.

Tracer. Définir la trajectoire. Inscrire son parcours dans le temps. Préparer le voyage. Un leitmotiv en tête. Un paradoxe. Ne pas décourager « mon jeune ». Lui parler vrai sans prendre le risque de briser son envie. Le rencontrer, lui parler, le questionner. Savoir à quoi il pense, à quoi il aspire. Respirer, manger, dormir, penser à lui, à la manière de lui parler, de lui expliquer, à ce qui le touche, ce qui l’inquiète, rêver ses rêves…

Voyager. « Il faut avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue », m’avait dit un jour une collègue. Une phrase à défier le temps. Il devait être assez grand, son rêve, pour métamorphoser la maîtresse d’école en maîtresse de conférence, quelques centaines de mois plus tard. Quand d’autres se résignent déjà à regarder un vieux périple comme un paradis perdu, elle partait pour un nouveau voyage. Les yeux pétillants. Comme ceux de « mon jeune ».

Avancer. Se lancer. Savoir où je vais n’interdit aucun imprévu. Caler les étapes une à une. Une rencontre m’en amène une autre. Une réponse m’ouvre une nouvelle boîte à questions. Engrenage. Je recalcule une nouvelle trajectoire. J’emprunte un autre chemin. Emerveillement de la découverte. Un stylo dans une main, « mon jeune » dans l’autre.

Vivre. J’ai passé quarante ans avec Daniel Szuster, du lycée Voltaire aux grosses productions américaines ; trente ans avec Stéphane Elmadjian, de son premier montage à coups de ciseaux dans les chutes de pellicule de sa mère au montage de Mammuth ; vingt-cinq ans avec Mathias Gokalp de son premier tournage en super 8 à son premier long métrage Rien de personnel ; vingt ans avec Nathalie Bourrus, de ses rêves de plaidoirie au grand reportage sur France Info ; dix ans avec Mélissa Theuriau, de l’école de journalisme d’Echirolles à la rédaction en chef de Zone Interdite à Neuilly-sur-Seine ; et tant d’autres… Avec ce sentiment délicieux d’ouvrir le champ des possibles. Et la certitude que s’il y a plusieurs vies à vivre, c’est bien dans celle-ci.

 

Raconter. Noter, compiler, croquer, répondre, raconter, encourager… 100 000 signes accumulés. Maintenir le cap sous le regard bienveillant de mes Incorrigibles camarades. Un refuge, un gîte couvert. Signes accumulés. 200 000. Rien de plus, rien de moins.

 

L’âge des possibles. Aujourd’hui, j’imagine  « mon jeune », le parallélépipède rectangle entre les mains. Je le vois traversant ces vies et affinant son projet pour la sienne. Et je me repasse le film du voyage. Sans nostalgie. D’autres rêves en tête. Assez grands pour ne pas les perdre de vue.

Isabelle Maradan

Les métiers de l’audiovisuel – Le Guide 2010-2011 – Editions L’Etudiant

1 commentaire

Classé dans La vie de la presse, La vie des Incorrigibles

Une réponse à “Wrote Movie avec « mon jeune »

  1. Quelle histoire hein ?
    Non, rien de rien, non je ne regrette rien….

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