Petit billet d’humeur, berlinoise… ou comment s’expatrier pour survivre.

Il y a 20 ans exactement le mur de Berlin s’effondrait. Ma vision dichotomique du monde disparaissait du même coup.
Plus de Communistes ni de Capitalistes se faisant froidement la guerre, le monde devenait gris. Comme un écran de télé un soir d’orage, ma vision du monde s’est brouillée. Définitivement.

Séquence nostalgie. Vingt ans plus tard, plus de 150 journalistes de Radio France s’envolent vers la capitale allemande. Pour célébrer cette chute, symbole de la liberté retrouvée et de la réunification des deux Allemagne, Jean-Luc Hees, le nouveau patron de Radio France a voulu réunir toutes les chaînes du groupe Radio France. Pourquoi autant de journalistes envoyés dans la capitale allemande ? Serait-ce parce que là-bas, tout s’est joué, que tout se passe, et peut-être même que l’avenir est en train de s’écrire ?
Loin de mes considérations nostalgico-germanophiles, une question me taraude : L’avenir du pigiste se trouverait-il « in Berlin »  ?
Berlin, « ville pauvre mais sexy », selon son maire Klaus Wowereit, attire touristes, artistes, et pourquoi pas les pigistes ?

A Berlin, les loyers sont trois fois moins chers qu’à Paris. Plaque tournante des compagnies low cost, Berlin présente donc un atout supplémentaire pour une journaliste comme moi qui aime le terrain et donc voyager.  Même manger est moins onéreux dans la capitale allemande. A Paris, je ne reçois aucun ticket restaurant des groupes de presse pour lesquels je travaille. Et tout le monde sait que manger coûte cher à Paname !
Ville artistique, capitale politique, à la croisée des mondes, de cette Europe centrale encore énigmatique, la capitale la moins chère d’Europe est sexy à plus d’un titre pour la pigiste que je suis.

Autre constat : la presse française subit de plein fouet la crise économique. Mon salaire n’augmente pas. Pire, je dois me battre pour ne pas voir le nombre de mes piges diminuer. Une des solutions est de se rendre indispensable. Un ami me suggère de partir à l’étranger, devenir correspondante, et donc incontournable… Il faut dire que ma spécialité c’est l’environnement, et aujourd’hui tout le monde fait de l’environnement. Beaucoup ont beaucoup plus d’expériences que moi dans le journalisme. La concurrence est rude. Le bilan est simple, je vis au-dessus de mes moyens. Dois-je m’expatrier dans un pays où le coût de la vie est moins élevé ? Un pays africain ?  Je ne m’en sens pas l’énergie. L’Inde, l’Asie ? … un peu loin !

Mais au delà de mon atavisme pour la civilisation allemande, se pose une question plus générale : le salut du pigiste débutant se trouve-il à l’étranger, expatrié dans un pays où les frais de fonctionnement sont moindres ? Le pigiste doit-il se globaliser, se mondialiser pour survivre ? En d’autres termes, si ma situation financière ne s’améliore pas, je devrai me délocaliser. Réduire mes frais.

Alors banlieue ou Berlin ?
Ma délocalisation a déjà commencé puisque je loue un bureau à Montreuil. Faut-il que lâche aussi mon appartement à Paris, pour cause de loyer trop élevé ?
Et pourquoi pas Berlin ? Pourquoi ne pas trouver refuge dans la tanière de l’ours berlinois.
Vingt ans après la chute du mur, 46 ans après la fameuse phrase de JF Kennedy, moi la pigiste, je me sens l’envie de crier : « Ich bin eine Berlinerin  !»
Pour continuer à travailler dans de bonnes conditions, sans m’éreinter dans cette course effrénée à la pige, faut-il partir sous des cieux plus accueillants ?
Et retrouver planant au-dessus de ma tête, Cassiel et Damiel,  les anges de Wenders ?

Geneviève

2 Commentaires

Classé dans La vie de la presse, La vie des Incorrigibles

2 réponses à “Petit billet d’humeur, berlinoise… ou comment s’expatrier pour survivre.

  1. Cécile

    Tu as oublié une solution, camarade pigiste germano-bretonne ! : Le journalisme nomade sur un bateau à voile… Achète donc un bateau et rejoins nous sur les mers ! Ainsi, plus de loyer, ni de billets d’avion à payer ! C’est pas sexy un dauphin ?
    Bravo, pour ce blog ami(e)s incos ! Cécile

  2. Je n’ai pas l’habitude de poster des commentaires sur les blogs que je lis mais j’aime beaucoup votre blog.

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