Se former ? Oui, mais…

Il y a un an quasiment jour pour jour, je finissais une formation d’un mois de rédacteur-web. Pour cela, j’avais décroché un CIF CDD (et oui, CDD par la grâce d’un magouille d’employeur…). Au menu de la formation : du son, de l’image, du montage, de l’écriture web, de la connaissance des ressources de la Toile, etc. Bref, tout ce que je ne savais pas faire ! La majorité des formateurs était de bonne qualité, certains d’excellents confrères (et sœurs). Mais, un an après, le bilan est plus que mitigé.

En un mot : je regrette de m’être précipité vers cette formation. Parce d’abord, j’ai grillé mon CIF un peu vite. Car, ensuite, il n’existe pas encore de débouchés… vraiment rémunérateurs. Et oui, comme un foutu pigiste indécrottable, j’essaie encore de me faire payer pour exercer mon métier et pour appliquer mes nouvelles compétences. Or, côté multimédia, à la pige, les rémunérations faibles voire inexistantes ne me permettent toujours pas de me lancer, et je dois en rester à mes piges papier pour le moment pour m’assurer un revenu décent.

Autre écueil : pas de suivi de l’organisme de formation, aucun lien avec lui ensuite, aucune offre de pige ou de mise en relation avec de possibles employeurs… malgré un discours inverse à l’inscription. On repart comme on est arrivé, seul comme un pigiste (snif !), mais avec notre nouveau bagage qui devient finalement un peu encombrant.

Ceci dit, je porte une responsabilité de n’avoir encore (quasiment) rien fait de cette formation : difficile après 10 ans de pratique de se lancer presque débutant et de contacter des rédactions en disant : « Toc, toc, vous savez j’ai plein d’expérience avec un stylo, mais avec une caméra et un logiciel de montage, va falloir être gentil et patient… » J’avoue avoir eu trop d’hésitations, trop de temps d’attentes, et puis le temps file, le boulot « traditionnel » prend le dessus parce qu’il faut bien croûter. Et un an passe.

Cette formation m’a quand même permis d’élargir mon réseau, de sympathiser avec des journalistes (stagiaires ou formateurs) et… de décrocher des piges en presse écrite ! Comme quoi, ce métier est toujours plein de surprises.

Manu

4 Commentaires

Classé dans La vie de la presse, La vie des Incorrigibles

4 réponses à “Se former ? Oui, mais…

  1. yann

    tu as tout juste Manu, mais dis toi que cette formation te servira forcément. Le seul problème pour nous, comme toujours, c’est qu’il nous faut nous entraîner à blanc, sur notre temps libre, que nous n’avons pas le luxe de faire essuyer les plâtres aux boites qui nous emploient. Alors la solution, entre autres, c’est peut-être de faire des travaux multimédias, peut-être plus éloignés de ce que nous avons l’habitude de faire, d’adopter des démarches différentes, et de laisser le temps faire son œuvre et le marché se structurer.

  2. Les Incorrigibles

    D’accord avec toi Yann, il est vrai que j’ai omis de préciser que j’avais à la suite tourné et monté en « amateur » et que je commence à monter des itv son, chose que je ne faisais pas auparavant. Alors, oui, de ce point de vue là, j’ai un peu profité de cette formation. Mais au prix de ne plus pouvoir prétendre à un CIF avant mes vieux jours…

  3. Maribo

    A la fois, faut pas rêver, ça ne va pas tomber du ciel! Tu serais embauché demain dans une rédaction à un poste que tu ne maîtrises pas, tu serais bien obligé de rentrer chez toi le soir avec tes petits dossiers sous le bras pour bosser dessus à la maison et t’entraîner. Car c’est bien une question d’entraînement tout ça. Je sais pas moi, prend un coach! C’est très à la mode.
    En revanche, je suis sidérée d’apprendre dans ton post que l’organisme de formation se contente de vous former ou plutôt d’empocher le fric sans vous ouvrir la voie avec des offres d’emplois ou autre pistes de travail.
    Allez, à ciao bonsoir! Vive le 11 novembre de pigiste, tout au calme au collectif. Car une chose est sûre : ce que j’aime avec la pige c’est de pouvoir bosser quand tout le monde est dans la rue et vice et versa.

  4. Marc Mentré

    Allo, ici c’est l’organisme de formation.

    Je comprend ta déception. La formation est courte, et une bonne maîtrise des outils techniques s’appuie sur un travail régulier. Il faut donc que tu continues à faire des gammes…

    En tout cas, à te lire, il me semble Manuel que tu n’as pas totalement perdu ton temps; tu as acquis de nouvelles compétences tu as élargie ton réseau de connaissances professionnelles dans un domaine où si je comprend bien tu connaissais peu de monde.

    Maintenant, effectivement les offres de piges en multimédia ne pleuvent pas, et quand elles pleuvent elles sont mal rémunérées. Lorsque nous en avons nous les retransmettons, mais nous avons aussi d’autres stagiaires, dont la plupart démarrent à zéro dans le métier… Bref, c’est un problème je le reconnais: nous ne sommes pas organisé comme une bourse de l’emploi, mais plutôt comme un réseau d’échanges informels, stagiaires et intervenants s’informant entre eux. Cet effet réseau t’as permis de décrocher de nouvelles piges, certes en presse écrite, mais Nobody is perfect.

    En plus, il n’est pas sûr que la recherche de piges « papier » et « multimédia » se fasse sous la même forme. Nous sommes dans un secteur —les sites web— qui est en pleine mutation, où les effectifs sont faibles, les règles non réellement fixées, comme le dit Yann… Le journaliste, pigiste, doit parfois être aussi son propre producteur (cela ne veut dire qu’il finance son projet, mais qu’a minima, il doit en trouver pour partie le financement). Cela a été peu abordé dans la formation. Sans doute, une erreur, mais nous ne disposons que de 120 heures…

    Je veux bien assumer qu’à l’inscription, on (moi?) t’ai dis que tu aurais des offres de piges et que tu serais mis en relation avec des employeurs, mais cela m’étonne un peu sachant que l’on insiste plutôt sur l’importance de l’effet réseau, pour ce qui est des perspectives d’emploi et de piges.

    Mais sans doute me suis-je mal fait comprendre, car le seul discours que je tiens aux candidats est à peu près le suivant: le web est un secteur en expansion, créateur net d’emplois, et à moyen terme sans aucun doute un secteur d’activité majeur. J’ajoute qu’un journaliste qui ne maîtrise pas la culture du net et ses outils, qui ne se place pas dans cette perspective d’évolution professionnelle (et d’une évolution qui va se poursuivre) est menacé à terme dans son emploi (qu’il soit pigiste ou en poste fixe). Dit autrement l’avenir, c’est sans doute encore pour partie le papier et pour beaucoup le web ou le bimédia. En tout cas, il est impossible de faire l’impasse sur le web.

    En tout cas, je ne peux pas laisser dire [@Maribo] que « l’organisme de formation se contente d’empocher le fric (…) Allez a ciao bonsoir »… Comme si nous étions installés sur la face cachée de la Lune, et totalement injoignable, dès lors que la formation est achevée! Je ne pense pas que ce soit le cas, nos portes sont ouvertes, tous les (anciens) stagiaires disposent des numéros de téléphone et des mails des intervenants et des responsables de formation et nombre d’entre eux n’hésitent pas à les utiliser pour demander une aide, un conseil, un renseignement.

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