Pigiste : une bonne affaire… pour les éditeurs

Personne n’avait encore pensé à le faire. Yann, militant acharné de la reconnaissance des pigistes comme journalistes à part entière, s’y est collé lors des Assises du journalisme. Son idée : calculer les économies réalisées par les employeurs en salariant des pigistes plutôt que des permanents « horaires ». Son but : que ces économies soient, in fine, redistribuées aux mêmes pigistes, sous la forme de primes ou, tout simplement, d’une simple augmentation du tarif de la pige.

Voici son calcul, ou plutôt son estimation :

  • 41 millions d’euros d’économies par an pour les pigistes rédacteurs sur les postes loyer, investissements informatiques, consommables, téléphonie, etc. ;
  • 8 à 10 millions d’euros d’économies par an pour le bon millier de photographes indépendants, toujours sur les mêmes postes ;
  • Environ 6 millions d’euros d’économies par an sur le non paiement de l’ancienneté aux journalistes pigistes, entorse la plus courante aux dispositions prévues par la convention collective.

Total : entre 55 et 57 millions d’euros d’économies sur le « dos » des journalistes pigistes. Soit plus de 6 000 euros par an et par pigiste (rédacteurs et photographes).

A méditer… quand la pige, dans certains cas, n’a pas augmenté depuis plus de dix ans.

5 Commentaires

Classé dans La vie de la presse

5 réponses à “Pigiste : une bonne affaire… pour les éditeurs

  1. Emma

    Serais curieuse de savoir comment il a calculé tt ça… On aurait pu espérer que notre cher président mette un peu la pression sur les éditeurs pour faire le ménage dans leurs pratiques. Mais c raté!

  2. Les Incorrigibles

    Je crois qu’il a pris le prix moyen du mètre carré de bureau, la place minimum nécessaire pour un rédacteur, le prix moyen d’un ordinateur… Evidemment, il faudrait tenir compte des amortissements par exemple. Mais, bon, même si ça vaut ce que ça vaut, ça peut néanmoins donner une idée des économies réalisées « grâce » aux pigistes.

  3. alain marand

    Bonsoir
    L’exercice est drôle mais la réalité différente. On arrive toujours à trouver, par l’absurde, des résultats qui vont dans le sens de ses propres idées. Pourquoi pas. Mais dans la réalité, n’oublions pas que 60% de la presse française tient sur les dix doigts d’une main. Le calcul ne peut donc tenir compte d’une approche par trop idéaliste et non réaliste. Je crois qu’il faudrait bousculer les gourous de la presse pour savoir ce que coûte généralemet un journaliste en rédaction et son équivalent pige. En fait, certains éditeurs font ce calcul au delà d’un nombre de feuillets/mois produits.
    Mais j’avoue que ce travail de Yann est rigolo même si le résultat n’est pas très sérieux.
    Alain

  4. Les Incorrigibles

    Peut-être que Yann a fait son calcul avec « les dix doigts d’une main » ?
    Humour mis à part, il est clair que ce calcul a plus pour but de lancer un débat et de lever un tabou que d’être dans la vérité scientifique.

  5. rillon

    Calcul pour les photographes pigistes. 10 millions en moyenne par ans ( à vérifier) pour mille photographes pigistes, soit 10 milles euros en moyenne par photographe. En prenant comme base 3 mille euro par boîtier, 2 boîtiers soit 6 mille euro plus 6 mille euro pour les objectifs et l’ordinateur plus les logiciels nous arrivons 12 mille euro minimum pour le matériel qui est à remplacer tous les deux ans pour cause d’évolution technologique.
    On comprend pourquoi la prime de matériel n’est pas revalorisée depuis des années. L’économie réelle dans la multiplication des pigistes s’explique plus par le fait que les pigistes n’apparaissent que très rarement dans la masse salariale de l’entreprise. Le problème des pigistes n’est pas de savoir comment s’arranger avec la direction du titre, mais d’obtenir un soutien réel des journalistes en poste avec leurs représentants syndicaux , en ayant la volonté de porter des revendications claires et simples comme par exemple :une prime pour matériel réévaluée tous les ans en rapport avec les missions demandées, une intégration dans le staffe de la rédaction après six mois de collaboration régulière, en deux mots : les revendication de tous les intérimaires.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s