Notre Tour de France de la pige – Etape 5: Rennes

La situation des pigistes est-elle la même partout en France ? L’herbe est-elle plus verte au Nord, au Sud, à l’Est, à l’Ouest ou dans la capitale ? Pour apporter quelques éléments de réponses, nous poursuivons notre Tour de France de la pige. Après NantesNiceLyon et Bordeaux, voici Rennes, avec Anne-Claire Loaëc.

Etape n°5 : Rennes
Pigiste :
 Anne-Claire Loaëc, 29 ans, sept mois de piges

Anne_Laure_LoaecParcours. Anne-Claire fait ses premiers pas dans le journalisme pendant ses études d’histoire, sur une radio associative tout d’abord, puis comme correspondante au Télégramme de Brest. En 2005, elle intègre l’année spéciale de l’IUT de journalisme de Tours, spécialisée dans la presse magazine. Diplômée en 2006, elle signe ses premiers articles en tant que pigiste avant de décrocher ses premiers CDD dans la presse quotidienne régionale. Elle commence alors un tour de France des Compagnons du journalisme qui va durer quatre ans. Un nombre incalculable de contrats, autant de déménagements… L’envie de se poser. Anne-Claire choisit Rennes comme camp de base. Après un ultime CDD dans une rédaction pour se former au web, elle se consacre désormais à la pige depuis mars 2012. Elle partage le bureau du collectif de journalistes Objectif Plume, et de Plume & Sciences dans le centre de la capitale bretonne. La Bretagne est désormais son terrain de jeu pour des sujets de société, patrimoine, histoire, loisirs, tourisme, féminin…
Employeurs : Bretons, Le Télégramme, Madame Figaro, Bretagne Ensemble…
Salaire moyen : 1 500 euros net/mensuel. En progression.

La pige, un choix ?
Oui. Ça l’est devenu. J’ai débuté par la pige en sortant d’école mais je n’y étais pas préparée. J’avais encore besoin d’apprendre le métier et je me sentais isolée. De plus, financièrement, je n’avais pas les reins assez solides pour supporter le décalage entre la livraison de l’article et le paiement. J’en gardais un très mauvais souvenir. Lorsque j’ai débuté mes CDD en PQR, je jurais que je n’y retournerais pas. Mais après cinq ans de CDD à répétitions et autant de déménagements, que je vivais au départ avec enthousiasme, j’ai décidé de me poser quelque part. J’ai choisi Rennes pour des raisons personnelles, en me disant que je devais mettre ma qualité de vie en priorité. Soit je trouverais du travail en tant que journaliste, soit je changerais de tout au tout. La pige s’est imposée d’elle-même. Grâce aux contacts tissés lors de mes premières années de journalisme, j’ai décroché mes premières commandes facilement.
Et puis, j’ai appris à affronter les contraintes de départ. J’ai des économies pour parer les retards de paiement, je partage un bureau avec d’autres pigistes pour rompre l’isolement et j’apprends à être plus productive pour que l’activité soit rentable.

La pige, un engagement ?
Si je partage un bureau avec quelques journalistes du collectif Objectif Plume et une rédactrice scientifique de Plume & Sciences, je n’appartiens pour le moment à aucun réseau, association ou syndicat. Mais j’y aspire de plus en plus. Les pigistes sont parfois considérés à tort comme des journalistes de seconde zone. Or, je pense que beaucoup d’entre nous sommes très professionnels, polyvalents et dotés d’une capacité d’adaptation dont ne peuvent pas se vanter certains confrères dans les rédactions. Il faut valoriser ce savoir-faire et défendre nos droits. Il ne me reste plus qu’à passer de la parole aux actes !
Cependant, je ne tiens pas à ce statut plus que tout. Je ne renonce pas à l’idée d’intégrer une rédaction… mais pas à tout prix.

La pige et ses avantages
Tous les pigistes le disent, le statut offre une certaine liberté. On travaille où et quand on veut (enfin presque!).
C’est aussi la possibilité de varier les sujets, les formats et les supports. On n’est pas enfermé dans un carcan. Et c’est plutôt appréciable.

La pige et ses contraintes
Toute liberté a ses revers. Notamment l’inquiétude. On ne sait jamais de quoi demain sera fait.
J’ajouterai la difficulté de s’organiser, la dispersion, le découragement, le manque de retour sur son travail…

La pige, quel avenir ?
Je crois que les rédactions auront toujours besoin de faire appel à des collaborations extérieures, notamment en région puisque leurs rédactions sont à Paris. Quant aux conditions de travail et de rémunérations, c’est à nous de nous battre pour conserver des conditions de travail correct et ne pas accepter des rémunérations trop basses.

POUR EN SAVOIR PLUS…

www.anneclaire-loaec.com /  twitter.com/AC_Loaec

> Le collectif Objectif Plume a aussi un site web : www.objectif-plume.fr/

>Plume & Science est spécialisée dans la rédaction de textes scientifiques, l’organisation d’exposition ou de colloques :  http://plumesciences.fr/

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1 commentaire

Classé dans Tour de France de la pige

Une réponse à “Notre Tour de France de la pige – Etape 5: Rennes

  1. Anne-Laure, Anne-Claire… choisir, ne pas choisir… Allez, on va dire Anne-Claire (vu que je la connais un peu)

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