Le programme de la formation était alléchant : rédiger pour le web. J’allais m’initier à cette écriture en vogue promise à remiser notre bon vieux style de plumitif au placard. Le formateur a tout de suite balayé mes espérances : « Bon, écrire, vous savez déjà le faire. Ce que je vais vous apprendre, c’est le référencement naturel. » Le référencement quoi ? « Naturel ». En gros, être bien en vue sur les moteurs de recherche pour capter le clic et ce, sans débourser le moindre centime. Car les trois premiers liens qui apparaissent sur Google sont « sponsorisés ». Comprenez : « Vous voulez monter sur le podium? Crachez au bassinet. » Et puis quoi encore? Déjà qu’on crève la gueule ouverte…
Les webmasters connaissent tout plein d’astuces pour arracher la quatrième place ou, pour le moins, être sur la première page. Mais nous, les journalistes, pouvons aussi apporter notre pierre à l’édifice. Rien que par le titre. Il faut qu’il comporte un maximum de mots-clé populaires chez les internautes. Bon, évidemment, on n’ira pas jusqu’à recourir aux « Paris Hilton » et autres « sexe ». Ca fait désordre. Mais on bannira les « Rififi rue de Solferino » au profit de « Polémique au PS ». Même topo dans le chapeau. Préférez « Martine Aubry » à la « fille de Jacques Delors ». Tant pis si on répète dix fois son nom. Et dans le texte, faites court. Avec des mots-clef en gras (les moteurs traquent le gras). Et des intertitres. Laissez tomber l’incitatif, optez pour l’informatif. Google d’abord. Le lecteur? On verra plus tard.
Zut, ça me plaisait bien tout de même ce mot « sexe ». Ah ah, voilà que j’apprends qu’il y a moyen de ruser sans perdre sa crédibilité grâce aux balises invisibles. En clair, des mots-clé présents dans l’ADN de la page mais qui n’apparaissent pas à l’écran. L’internaute tape « Viagra » et se retrouve sur le compte-rendu de la dernière séance plénière du Sénat! Génial. Je m’enquiers auprès de notre formateur de l’efficacité de ce petit tour de passe-passe. Déception, ça ne marche plus. « Google affine en permanence son algorithme pour éviter ce type de manipulation. » Vraiment puritains ces Américains.
Ophélie
J’aime bien ce blog. Continuez… s’il vous reste du temps.
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Il est v rai que l’on nous demande à s’adapter, mais ce serait moderne et cela apporte des tas selon Google